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Jardin de St Adrien |
Daniel et Françoise MALGOUYRES
34290 SERVIAN
Tel. 04 67 39 24 92
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Article
de l'EXPRESS
Juillet 2001
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Quand
Daniel Malgouyres présente à sa future épouse le site qu'il rêve d'acquérir,
il est forcé de constater que l'ancienne carrière de Saint-Adrien, près
de Pézenas, où il jouait enfant, s'est métamorphosée en décharge. L'endroit
est devenu un épineux royaume prisonnier d'une gangue de cailloux, un
paradis providentiel pour carcasses de voitures et arbres chétifs. Bref,
«un projet insensé», objecte la jeune femme. |
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Les
années passent et le couple s'improvise ébéniste en Belgique. Jusqu'au
jour où le site, classé en zone agricole, est mis en vente. |
Affaire
conclue. Voilà ces passionnés reconvertis dans la vie de chantier. Françoise
livre bataille aux broussailles. Daniel attaque la construction d'une
maison, tout en libérant la carrière de ses tonnes de gravats. Terre
piochée alentour, végétaux de fortune, la bourse plate mais le coeur
à l'ouvrage, le couple modèle, sans aide aucune, 4 hectares de terrain.
Et, par un ingénieux système D, l'alimente même en eau de pluie. La
nuit, Daniel Malgouyres rêve d'éléments architectoniques, qui rejoignent,
le jour, ce jardin naissant. |
Il
aura fallu ainsi quatorze ans d'un chantier titanesque pour que ce désert
accouche, l'an dernier, d'une oasis. Le Jardin des carrières de Saint
Adrien reçut, en 2000, année de son achèvement, le titre de plus beau
jardin privé de France, décerné par la Société nationale d'horticulture.
Avec la rare mention spéciale, «hors normes». Il ne s'agissait pas pour
le jury de saluer l'implantation d'espèces peu communes, ni un savoir-faire
de botanistes érudits, mais d'honorer un exploit. |
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Aujourd'hui,
leur demeure, bâtie sur un éperon, domine des miroirs aquatiques incrustés
dans la roche et nimbés d'essences méditerranéennes. Stupéfiant tableau
au coeur d'un pays terrassé de soleil! En toile de fond, l'eau s'échappe
d'un amphithéâtre drapé de lierre. Elle suit la déclivité d'un barrage
d'arcades, avant de s'épanouir en plusieurs bassins, où se reflètent
la silhouette dégingandée des pins d'Alep, une noble couronne d'oliviers
ou le panache exotique des palmiers. |
Des
notes colorées animent la verte palette : hampes mousseuses des herbes
de la pampa, corbeilles de lauriers-roses, genêts d'or et agaves argentés.
Dans ce décor serein, une fraîche pelouse guide les pas du visiteur,
d'une rive à l'autre, et lui dévoile, sous un écran de bambous, des
espaces intimes, rythmés de murets et d'arches, d'un banc ou d'un pigeonnier
ruiniforme. |
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