Puis, la lumière
irise le basalte de brun rosé, de cuivre ou de reflets
bleutés. Ici et là, des banquettes de millepertuis,
de campanule, de verveine et des saignées multicolores
de fleurs champêtres. Enfin, dans un coin de bassin qu'enjambe
un pont, la nature reprend ses droits en un joyeux désordre.
Les roseaux abritent la nidification d'oiseaux sauvages, une vigne
rebelle a colonisé l'ancienne forge, tandis que des chevaux
entament une sieste gourmande sous les fruitiers.
Un
rêve bien réel
Au paradis,
les portes savent pourtant s'ouvrir. C'est, en tout cas, l'esprit
de partage qui anime les Malgouyres. Le couple accueille, sur
rendez-vous, tout au long de l'opération «Le Temps
du jardin» (voir l'encadré), de petits groupes de
visiteurs.
Et, pour le plaisir des amis, ils ont aussi aménagé
un «espace scénique», cadre de concerts classiques.
Certains
soirs, la roche éclairée s'embrase sous l'œil
d'un placide gardien de basalte et de curieuses figures dansent
à fleur d'eau, tandis que les notes montent vers les gradins
pour charmer quelques centaines de privilégiés.
Caritatifs,
ces concerts contribuent à financer les missions médico-chirurgicales
de l'association Passerelle, au Vietnam, au Togo et au Laos. Ces
quadragénaires, aussi pudiques que chaleureux, continuent
de s'étonner des réactions admiratives du promeneur.
Pourtant, sur le chemin du retour, si les traits du jardin disparaissent
dans un nuage de poussière, le rêve n'a rien d'un
mirage..."